Le demi-sourire vu par Christophe André, psychiatre

Août 23, 2017Textes choisis

Le demi-sourire. Extrait du livre de Christophe André © : Les états d’âme : un apprentissage de la sérénité, Paris, Éd. Odile Jacob, 2009. p. 387. (Avec l’aimable autorisation de l’auteur).

« Quand c’est trop dur de sourire on peut ne sourire qu’à moitié… C’est la définition même du demi-sourire. »

« C’est pourquoi l’enseignant Thich Nhat Hanh encourage à la pratique du demi-sourire : le demi-sourire; non pas une moitié de sourire, mais un sourire discret, léger et profond en même temps, une expression du visage qui correspond à une sérénité tranquille et une acceptation du réel.

Au début cette histoire de demi-sourire m’arrachait un peu d’incrédulité, mais j’ai fini par comprendre qu’il s’agissait d’un véritable outil d’homéostasie intérieure : « Je me souris par bienveillance envers moi-même, pour bien prendre soin de moi, pour me donner de l’amour. Je sais que si je ne prends pas soin de moi, je ne pourrai pas prendre soin d’autrui. »

Bien évidemment le sourire du Bouddha en est le plus parfait modèle, qui lui aussi peut éveiller la perplexité comme le notais Thich Nath Hanh lui-même : « du temps où j’étais novice, je ne comprenais pas comment le Bouddha pouvait arborer un si beau sourire alors que le monde souffrait tant. » Cela ne le perturbait donc pas ?

Plus tard, j’ai compris que le Bouddha (….) pouvait « sourire à la souffrance car il savait comment en prendre soin et la transformer. »

Juste un demi-sourire pour empêcher l’emballement de notre spleen, de nos inquiétudes, de nos ressentiments. »


En résumé, l’intention principale de celui qui pratique le demi-sourire est d’en faire réellement une pratique. Un art, celui de reconnaître le bon, le bénéfique, même au coeur de la tourmente. Cela s’apprend.

Méditation sur le demi-sourire

Cette nasse « en forme de demi-sourire » semble capable d’attraper des nuages aussi bien qu’elle le ferait d’un banc de poissons.

Elle évoque la tendance que nous avons tous à vouloir saisir grâce à la Pleine Conscience, les aspects les plus réjouissant du réel, à les trier, à ne garder que le bon de l’expérience. Mais est-ce vraiment ainsi que l’on pratique le demi-sourire? Est-il question de recueillir certaines de nos pensées dans le ciel clair de l’esprit?

Photo Eric Hecker

 

 

 

Catherine Muzellec Instructrice en Mindfulness à Nantes

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